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Belle pêche en gravière, le 15/2/2008

Voici le petit récit de ma pêche ce week end

Dimanche 6 mai, mon collègue Yannick et moi nous dirigeons dans une petite gravière par chez nous. Bruno nous attend il pêche le poste depuis le vendredi soir avec un seul beau poisson de 18.2 kg et une casse à la clé. C’est avec peu de conviction que nous prenons le relai car malheureusement pour lui le boulot du lundi le ramène à la dure réalité de la vie.

Nous nous installons sur le poste tranquillement, nous le connaissons bien. Il est constitué d’un grand haut fond qui part de la berge à plus de 130 m du bord avec une profondeur moyenne de 1.20 m et une largeur de 3 ou 4 m. Yannick se poste côté gauche et moi à droite, les rod pod sont montés et les cannes prêtes à être lancées. Bruno avait balancé environ 12 kg de graines un peu partout, nous décidons dans un premier temps de pêcher sur son amorçage le temps d’observer les mouvements des poissons. Ces derniers d’ailleurs se préparent à la fraie ce qui peut nous rendre la pêche difficile, ça saute un peu dans tous les sens. Rolling Eyes

18 h le vent tombe, nous décidons de placer nos lignes correctement. Pas le temps une de mes lignes démarre, je suis aux anges mais l’angoisse des décrochés de Sylvéréal me hante (les présents s’en souviendront), je tiens le poisson 2 – 3 minutes et là c’est le drame Mad , décrochage Twisted Evil . Ca y est le cerveau gamberge, ayant monté la tresse depuis peu, je pense que ça vient de ça et le remord me démange, ai-je trop bridé ? pas assez ? montage inapproprié ? frein trop serré sur le départ ? Je repasse tout en revue, je refais une cargaison de bas de ligne fluorocarbone avec cheveux rigide, avec cheveu souple, bas de ligne complet en tresse Question …..

L’angoisse persiste, mais c’est avec minutie que nous plaçons nos lignes à la nuit tombée en bateau (malgré l’interdiction de navigation sur le plan d’eau), enfin nous plaçons 2 lignes comme il faut sur le tombant du haut fond et le vent du nord se lève le bateau gonflable dérive à n’en plus finir. Nous décidons donc de lancer les lignes du bord tant bien que mal, le vent est fort et les bannières sont importantes. 22 h 30 toutes les cannes sont à l’eau et amorcées, l’attente commence.

23 h 30 une de mes cannes démarre, je suis confiant mais anxieux les montages sont tip top, je suis chaud bouillant, tout est réuni pour que ça se passe bien. Je prends contact, c’est un beau poisson, je ne lui concède pas un centimètre de ligne inutilement, je le sens bien la ligne approche de la berge, l’épuisette est à l’eau. Et là un nouveau drame se joue, ça se décroche Mad . Une envie de me jeter à l’eau m’envahit Crying or Very sad . Je ramène, pose la canne et me refugie sur mon bed chair, même pas je relance, je me lance alors dans une méditation intérieure qui m’empêchera de dormir.

Nous sommes lundi, il est 2 h 15 j’ai les yeux grand ouverts impossible de trouver le sommeil, trop de questions me hantent, j’ai peur d’avoir un départ et de rater une nouvelle fois le poisson. La centrale de Yannick s’emballe, il bondit de son duvet et s’empare de la canne. Après 5 minutes de combat, on rentre une petite commune de 6 kg pleine d’énergie qui repart dans l’eau cristalline aussitôt. Nous nous recouchons, le vent souffle très fort, je peux l’entendre siffler sur nos lignes tendues. Mon collègue se rendort, moi toujours pas.

6 h 00 nous sommes à nouveau réveillés par la centrale de Yannick, voyant mon désarroi il me dit de prendre la canne, je prends contact ça se dépique dans le même intervalle au bout de 3 coups de têtes. La malédiction du décrochage est en moi, je suis maudit, même sur les cannes des autres je porte la poisse. J’ai la haine, c’est vraiment une situation de fou. 3 départs = 3 décroches Mad . J’ai même envie de plier et de rentrer chez moi.

8 h 00 nous relançons l’ensemble des cannes et réamorçons le tout. Plus aucune motivation ne m’anime, la dépression me guette Crying or Very sad . C’est le calme plat, nous déjeunons et scrutons le lac, les autres équipes ont fait quelques poissons mais de petite taille, ils ont des départs réguliers contrairement à nous grâce à un amorçage massif. Yannick a choisi un amorçage bien fourni à base de farines et de billes de 20 mm, moi j’ai opté pour un amorçage au spot avec sacs et fils solubles contenant des billes de 15 mm, 20 mm et 25 mm ainsi que des poignées de pellets.

14 h 00 un départ se produit sur la canne droite Yannick, le poisson est puissant et tient le fond, le combat s’éternise et la carpe se dirige vers les autres lignes, je ramène donc sa canne centrale. Arrivé à 2 mètres de l’épuisette, le poisson n’est toujours pas monté et malheureusement la ligne se détend d’un coup. C’est encore une décroche qui se produit. D’un côté je suis énervé et d’un autre rassuré que cela n’arrive pas qu’à moi. Mon collègue est un peu blasé, le poisson avait l’air de belle taille dommage qu’on en ai pas vu la couleur.

Fatigués des départs de la nuit dernière, nous entamons une sieste plutôt longue. A 17 h 00 Bruno nous donne un coup de téléphone histoire de prendre la température, nous lui balançons : << Moral dans les chaussettes, un pin’s et 4 décroches >> Il n’en revient pas et vient nous voir une heure plus tard Shocked .

Lorsqu’il arrive nous nous apprêtions à relancer les lignes, s’engage alors une discussion d’une bonne demi-heure. Un bip isolé se fait entendre sur ma canne placée en bout de haut fond puis un deuxième avant que le détecteur s’emballe. Le moment du départ m’a semblé durer une éternité avec une barre au ventre installée depuis les déconvenues de la veille et quelques blocages intestinaux (j’ai du mal pour les besoins dans la nature Laughing ). Je saisis la canne et manœuvre le poisson tel un dieu et c’est avec un éclatement de joie que je mets au sec une belle carpe cuir de 8 kg ( d’ailleurs l’écho se propage encore dans la vallée au moment où j’écris ces quelques lignes, vous inquiétez pas y’a encore 2 pages minimum ).

La carpe de la délivrance, une belle cuir de 8 kg

Le sort serait il rompu ? ou est ce un coup de chance du à la présence de Bruno. Seule la suite nous le dira. Pour avoir toutes les chances de mon côté je supplie Bruno afin qu’il reste, mais il doit partir Embarassed c’est vrai que le grigri est un peu encombrant presque 1.90 m de haut quand même.

Afin de ne pas se faire avoir comme la veille avec le vent du nord, nous embarquons plus tôt sur notre pneumatique, nous maintenons notre stratégie de pêche bien que les résultats ne soient pas encore probants. 21 h 00 Tout est fin prêt et Ismael, un ami serial casseur quant à lui (et oui il faut de tout dans une équipe, des pêcheurs, des décrocheurs, des casseurs et des capoteurs ) nous rejoint pour la soirée.

22 h 00 déroule rapide sur une de mes cannes, je mets rapidement au sec une miroir de 6 kg, la soirée s’annonce bien les poissons ont l’air actif et semblent être rentrés sur le coup, enfin. Petit amorçage de rappel et retour dans le biwy. Pastis et champagne coulant à flot, nous nous racontons nos anecdotes de pêche passées et nous débattons aussi politique puisque c’est dans l’air du temps.

Minuit, Ismael est déjà parti lorsqu’une canne de Yannick démarre et étant donné que nous partageons nos départs, il me fait relever la canne, j’ai encore un peu d’appréhension mais le moral remonte au beau fixe, le poisson est vif et lourd à la fois. Le combat dure une bonne dizaine de minutes et nous rentrons dans l’épuisette une miroir de 16 kg que nous remettons à l’eau très vite.

Le poisson semble sur le poste, nos détecteurs bipent assez régulièrement à cause des fouilles sur le poste, la nuit s’annonce bien et cela se confirme car une heure plus tard, Yannick fait une miroir de 6 kg suivie encore une heure plus tard d’une miroir de 8 kg toujours sur ses cannes.

Il est 3 heures du matin, la fatigue se fait sentir, la majorité des départs se font sur les cannes de Yannick mais hormis la 16 kg, les poissons sont petits. Nous décidons de rester un peu dehors histoire de prendre l’air. Assis à côté de mon rod pod je sursaute sur un bip de mon delkim bleu, la canne est placée à une cinquantaine de mètres du bord et parallèle à la berge. Le swinger fait le yoyo et tout à coup il descend mais très lentement, je m’apprête à prendre contact lorsqu’il remonte doucement. Le départ est lent puis accélère d’un coup, je saisis donc la canne sans tarder. Le poisson est lourd très lourd même il colle le fond, après une vingtaine de minutes de combat, il approche le bord, des bulles remontent doucement à la surface et la miroir fait une apparition en surface. Elle est énorme Shocked , j’en reviens pas. Toute hésitation pouvant être fatale à l’issue du combat, je m’arme de sang froid et Yannick glisse le filet sous le poisson, elle est dans l’épuisette. Je me mets en caleçon et rentre dans l’eau (très fraiche) le vent du nord me glace mais c’est pas grave la récompense est là. Le verdict de la pesée annonce 21 kg tout rond, je suis aux anges. Qui aurait pu penser qu’une session aussi mal commencée puissent prendre une tournure aussi bonne ? Pas moi en tout cas.


Une miroir de 21 kg parfaitement proportionnée

C’est la tête remplie de belles images que je me recouche, une bonne odeur de mucus me chatouillant les narines, je retourne aisément dans les bras de Morphée. Jusqu’à la sonnerie du réveil à 6 h 00, heure indiquant que nous devons monter dans le bateau pour réamorcer et enlever les repères en toute discrétion. Tellement K.O. nous nous rendormons et ouvrons nos yeux à 9 h 00 en catastrophe. Nous devrons passer outre le bateau et aller amorcer et récupérer les repères à la nage. Etant moi même un piètre nageur et très frileux au demeurant, c’est Yannick qui s’y colle.

Mes parents et mes frères nous rejoignent vers 11 heures, débute alors une traque au gardon qui restera vaine jusqu’à 16 h, heure à laquelle Nicolas, un collègue de lycée qui nous a rejoint, et moi mettront au sec coup sur coup 3 gardons à l’anglaise. Un exploit.

18 h 00, rien ne s’est produit depuis plus de 15 heures, que se passe t’il ? Yannick et ma famille plient. Dommage j’aurais bien fait combattre une carpe aux membres de ma famille. Seul Nicolas reste avec moi et nous décidons de plier aux alentours des 20 h 00.

19 h 45 alors que nous commençons à ranger le gros matériel dans les voitures, un départ de fou furieux se fait entendre. La canne en bout de haut fond saute sur le rod pod. Je saisis la canne et la donne de suite à Nicolas. Il est impressionné, il n’a jamais ramené de poisson de plus de 3 kg. Il faut dire qu’au vu de la courbure de la canne et de la défense du poisson, ça doit être un big fish. Il lui faudra plus de 25 minutes pour la mettre au sec, il est heureux comme tout et moi aussi d’avoir pu lui faire partager de telles émotions. Le poisson accuse 17.7 kg, pas mal pour une première carpe  .


C'est crispé mais le sourire aux lèvres que Nicolas ramène cette carpe


C'est dans le filet !!

17,7 kg pour cette miroir tout en muscle qui lui a donné du fil à retordre, la joie se lit sur son visage

Nous activons le rangement, la nuit ne tardera pas à arriver, tout est presque chargé il reste seulement 2 cannes à l’eau. Je descend en ramener une pour la mettre dans le fourreau. Tout à coup la canne en bordure démarre en trombe, il est 20 h 35, la nuit tombe, le lac est d’huile. C’est de la balle !!! Very Happy Après 10 bonnes minutes, une miroir de 16 kg barbote sur mon tapis de réception. J'appelle tour à tour tous les membres de cette fine équipe d'amis qui partagent cette passion de la pêche pour raconter cette fin de session surprenanteLaughing

Le dernier poisson du week end entre dans l'épuisette

Une miroir ronde de 16 kg prête pour la fraie

C’est une fin magistrale, je vous souhaite à tous de vivre de tels moments Very Happy


Récit rédigé par Nico

 

 

 

 


 
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